This page uses so called "cookies" to improve its service (i.e. "tracking"). Learn more and opt out of tracking
I agree

Derains, Yves, note to ICC Award No. 8694, Clunet 1997, at 1058 et seq.

Title
Derains, Yves, note to ICC Award No. 8694, Clunet 1997, at 1058 et seq.
Content
1058

OBSERVATIONS

Translation I et II - Les principes d'interprétation des contrats exposés par le Tribunal Arbitral dans cette sentence sont très voisins de ceux qu'une sentence de 1975 dans l'affaire nº 1434 (JDI 1976, p. 978, obs. Y. Derains) présentait comme des « principes généraux de l'interprétation des contrats » en 1059 matière d'interprétation d'une clause de limitation de responsabilité, en s'inspirant il est vrai du droit français :

« Il convient d'interpréter cette disposition selon les principes généraux de l'interprétation des contrats, notamment ceux des articles 1156 s. du Code Civil (français), en commençant par l'interprétation littérale et grammaticale des termes, sans négliger de les replacer dans leur contexte et de considérer le contrat dans son ensemble pour dégager l'intention commune réelle des parties, en s'inspirant notamment, si le sens des termes prête à controverse, du principe de la bonne foi (Cf. C civ., art. 1134) et en recourant au besoin à des éléments extrinsèques d'interprétation, tirés notamment du contexte historique et des relations entre les parties...

Il serait contraire à tous les principes d'interprétation communément admis de considérer, dans le doute, que des parties ont employé, dans un même article, le même terme dans des sens aussi radicalement différents...

Une règle d'interprétation universellement reconnue veut que, en présence de deux interprétations contraires ou de deux sens possibles des mêmes termes d'un contrat, on doive, dans le doute, préférer l'interprétation qui conserve aux mots une certaine portée plutôt que celle qui les considère comme inutiles ou même absurdes. Ce "principe de l'effet utile", appelé aussi "principe de l'effectivité" ("ut res magis valeat quam pereat") est consacré, notamment par l'article 1157 du Code civil ».

Cette similitude n'est cependant pas une identité en l'absence de tout rôle conféré à la bonne foi en matière d'interprétation dans la sentence ici rapportée. On peut en effet se demander si les exigences de la bonne foi n'impliquaient pas que la portée des clauses de non concurrence dans un contrat de fabrication ne soit pas limitée à la fabrication du produit lui-même mais s'étende à des produits concurrents. Même si ceci n'était pas exprimé dans le contrat, il est raisonnable de présumer que c'était là l'intention des parties. Cependant, présumer une telle intention est précisément ce que les arbitres se refusent à faire, selon une démarche caractéristique des juristes de common law. Comme le soulignait une décision anglaise qui a maintenant plus d'un siècle : « One must consider the meaning of the words used, not what one mai guess to be the intention of the parties » (Smith vs. Lucas, 1881, Ch. D, 531, 542). Il convient d'ailleurs de souligner que le droit de l'Etat du New Hampshire, applicable au fond en l'espèce, n'ignore pas le concept de bonne foi. La sentence rendue dans l'affaire nº 5477 en 1988 (JDI, 1988, p. 1204, obs. G. Aguilar Alvarez) en témoigne. Mais celui-ci remplit un rôle dans l'exécution des contrats plus que dans leur interprétation, encore qu'il soit aisé de passer de l'une à l'autre dans la pratique. Pour cela il suffit d'une théorie générale de la bonne foi, qui fait défaut à la common law (pour le droit anglais, Cf. R. M. Good, in Formation of Contracts and Precontractual liability, Les dossiers de l'Institut, Publications CCI, nº 440, p. 59).

[...]

 Original I and II – The principles of interpretation of a contract exhibited by the arbitral tribunal in this sentence are very closed to those which were presented as „general principles of interpretation of a contract“ in the field of

1059
the interpretation of a prohibition of competition clause in the sentence issued in 1975 concerning the affair n°1434 (JDI 1976, p. 978, obs. Y. Derains):

“It is appropriate to interpret this disposition according to the general principles of interpretation of a contract, notably those concerning the article 1156 Code civil (french), starting with the literal and grammatical interpretation of terms without neglecting to place them in their context and to consider the contract as a whole in order to distinguish the real and common intention of the parties, notably with regard if the sense of the terms is controversial, the principle of good faith (Cf. C civ. Art. 1134) and in case of need with recourse to the extrinsic elements of interpretation, notably benefited from the historic context and the relation between the parties…

It would be contrary to all commonly admitted principles of interpretation to consider in doubt that the parties have employed the same terms in the same article in such a radical different sense…

A universal recognized rule of interpretation wants that in case of two contrary interpretations or of two possible senses of the same terms of a contract the interpretation which conserves a certain meaning to the words must be preferred rather than an interpretation which considers all of them as useless or even absurd. This “principle of effet utile”, also called “principle of effectiveness” (“ut res magis valeat quam pereat”) is notably dedicated in article 1157 Code civil”.

However this similarity is not an identity in the absence of all role conferred in the field of interpretation of the here reported sentence. It is indeed doubtful if the requirements on good faith were not only involving that the meaning of the non-competition clause in the contract of manufacture is not limited at the manufacturing of the product itself but extend on competitive products. Even if this was not expressed in the contract, it is reasonable to presume that it was the intention of the parties. However, to presume such an intention is precisely what the arbiters are refusing to do according to characteristic demarches of common law jurist. As it is pointed out from English decision which is now older than a century: “One must consider the meaning of the words used, not what one may guess to be the intention of the parties” (Smith vs. Lucas, 1881, Ch. D, 531, 542). It is by the way appropriate to underline that the law of the state New Hampshire which is applicable in the present case, does not ignore the concept of good faith. The sentence issued in 1988 in the affair n°5477 (JDI, 1988, p. 1204, obs. G. Aguilar Alvarez) bears of it. But this fills a role during the execution of the contract rather than during their interpretation, even if the change between one to another is free practise. For this reason a general theroy of good faith suffces which is missing in common law.

Referring Principles
Trans-Lex Principle: IV.5.1 - Intentions of the parties
A project of CENTRAL, University of Cologne.